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Femme guineenne et africaine

Les jeunes de Guinée et les devoirs de responsabiltés

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Indigo Pub.,dec 08Ça  fait très longtemps que je voulais réagir à certaines choses qui se passent en Guinée. Surtout au niveau de la jeunesse, et merci Nenette de m’en donner l'occasion.

En effet, 52 ans après l’indépendance, la Guinée est devenue  un concentré de tous les maux de la planète et de l’humanité.

Niveau de vie très faible, manque d’eau potable, corruption, prostitution, chômage,  difficultés d’accès aux soins, à l’éducation, misère sociale indicible, de jour en jour, le nombre de misérables et de pauvres augmente.

Et le plus inquiétant c’est que la Jeunesse  Guinéenne est gangrenée par l’oisiveté, elle attend je ne sais trop quoi pour se faire une place au soleil. Le traumatisme des régimes politiques  récents et la militarisation excessive du pays  n’expliquent pas pourtant la passivité indécente de cette jeunesse réduite à la mendicité ou à la débrouillardise de la plus petite enfance jusqu’à l’âge adulte. 
Ne dit on pas que les pays stagnants  sont le produit de peuples stagnants ? Alors n’ouvrons pas nos bouches d’étonnement face à la médiocrité maladive de nos dirigeants.

Je me demande d’ailleurs comment les jeunes Guinéens peuvent être aussi passifs alors que notre Guinée s’enfonce dans l’abîme.  Nous  semblons ne pas avoir d’ambitions si ce n’est celle de remplacer ceux qui s’empiffrent pour faire exactement comme eux après.  Diplômés ou pas, on  se contente  des rapines qu’on veut bien nous  laisser. Les bras ballants, on  est devenu  des zombis, des pots de colle que les parents n’arrivent pas à se défaire. Pourtant l’heure n’est plus à la paraisse cher amis. C’est vrai que l'école qui devrait éduquer et conscientiser les jeunes pour en faire des citoyens , est une machine à fabriquer du rebut social, des "inadaptés" qui attendent leur tour pour être pistonnés et se fondre dans l’ombre d’un système où le mérite et la compétence ne veut plus dire grand-chose et que les autorités n’y trouvent  rien à redire, mais tout est encore possible en Guinée.

Nous devons nous remettre en cause et prendre les devants des choses car tout jeune privé de futur ne peut avoir de salut que dans la remise en cause du système établi. C’est donc la jeunesse qui doit être aux avants.

On va  me dire comme généralement d’ailleurs, que c’est facile pour moi de parler à partir du moment que je n’ai pas la vie de la plus part des jeunes du pays, mais à ceux là je dirais qu’ils se trompent car si aujourd’hui je suis si contente et si fière de ma Guinée, c’est parce que contrairement à mon confrère de Dakar (pour ne citer que celui là),  j’ai pu décrocher mon premier stage dans la 2ème grande banque du pays (SGBG) à 17 ans. À 20 ans j’ai signé mon premier contrat de travail (Cellcom Guinée) et depuis je ne cesse de monter sur l’échelle du marché de l’emploi. C’est à 22ans que j’ai  quitté le pays pour pouvoir me concentrer plus sur les études autofinancées  à moitié ! Et là encore je n’ai suivi le troupeau qui selon lequel il est impossible de travailler au royaume du Maroc.  Car en ce moment même, pendant que  je fais mon master,  je travaille partiellement dans un call center.

Et surtout ne croyez pas que je ne profite pas pleinement de ma jeunesse, parce qu’on me surnomme « la ministre de la joie » tellement je  sais m’amuser quand le moment vient.

Loin de moi l’idée de me vanter, non ! C’est juste pour faire comprendre  que si on décide de s’y mettre en Guinée on peut. Contrairement à beaucoup d’autres pays Africains qui ne donnent pas cette possibilité à leur jeunesse.  La Guinée est bénie et personne ne saurait me faire croire le contraire !

Alors cessons de nous plaindre et de paraisser, sortons de nos  illusions, car notre souffrance durera aussi longtemps que durera notre passivité (en ce moment Dieu est assez occupé  avec Haïti ; la jeunesse  Guinéenne  peut encore attendre).

Responsabilisons nous, agissons de façon éclairée, c'est-à-dire s’informer,  connaître nos droits et devoirs,  les maitriser et le plus important,  savoir comment les exercer dans notre société  que nous voulons démocratique.

Et pour plus d’efficacité, nous devons d’abord nous entendre et combattre en rangs serrés sans tenir compte de nos appartenances ethniques, politiques et sexuels.

Moi j’ai foi en nous, parce que nous sommes une génération qui doit gagner et qui gagnera.

Vive la jeunesse  vive la Guinée !

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