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Femme guineenne et africaine

Interview : Mme Fatou Baldé, membre de la societé civile Guinéenne.

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Mme Fatou Baldé,  vous êtes membre du Conseil National Organisation de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG), femme d’affaires, ex conseillère au cabinet du Président de la république de Guinée, une femme active qu’on ne présente plus…Dites nous comment allez vous ?

 

Merci de me donner la parole. Je vais bien et je remercie Dieu pour la bonne santé dont je jouis en ce moment et Le prie également de continuer à veiller sur la Guinée et d’inspirer les guinéens pour nous mener à son terme le processus de transition dans la cohésion et la paix.

 

La Guinée vit une transition importante pour son histoire, selon vous quel a été le rôle de la société civile  dans  ce processus ?

La Société Civile a été à la base de la mise en place du Forum des Forces Vives en février 2009 et ce pour constituer une seule force face au CNDD pour le respect des engagements pris le 23 décembre 2008, Mais bien avant cette période, la Société Civile Guinéenne a engagé des séries d’actions depuis 2006 pour aboutir à un changement positif en Guinée avec pour mot d’ordre « MOBILISONS NOUS POUR UN CHANGEMENT DANS LA PAIX ».

Le CNOSCG a toujours prôné le dialogue pour le bien de la Guinée, et figurez vous que nous nous sommes en transition depuis 2006 !

Le CNOSCG a réussi à mobiliser toutes les forces sociales et politiques pour que la Guinée soit débarrassée des maux dont elle souffre depuis très longtemps, Cette institution a joué un rôle capital avec tous les acteurs pour ouvrir le chemin à la démocratie. Cela a au bien sur un coût excessif sur le plan humain et aussi matériel, car comme vous savez les pertes sont inestimables. Que Dieu accorde le Paradis aux martyrs de la démocratie en Guinée. AMEN

Quelles sont les associations qui se cachent derrière le CNOSG ? Peut-on avoir une idée du nombre des membres ? Vous êtes membres de laquelle, votre fonction ?

Le CNOSCG regroupe Quatre vingt réseaux d’associations, dans chaque réseau vous avez entre trois et quatre ONG ou associations, pour vous donner une idée des plus représentatifs je peux citer entre autres : Les Centrales Syndicales, La CNOPG (Confédération Nationale des Organisations Paysannes de Guinée), UNOSPG (Union Nationale des Ordres Sociaux Professionnelles de Guinée) qui se compose des Avocats, les Médecins, les Pharmaciens, les Architectes, les Notaires, etc.; vous avez le conseil Inter Religieux, La COFEG ( Coordination des ONG Féminines de Guinée), le REFMAP, la CONAG/DCF, Union des associations de protection des consommateurs, l’OGDH (Organisation Guinéenne de Défense des Droits Humains), la liste est longue et c’est pour illustrer la représentativité du CNOSCG, nous avons en plus des 8 CROSC, 33 CPOSC (Conseils Préfectoraux des OSC) et puis les CSPOSC (Conseils Sous Préfectoraux des OSC).

Ce n’est pas seulement à Conakry et puis tous les démembrements sont électeurs. Vous trouverez nos représentations dans chaque circonscription administrative, nous parlons effectivement au nom de la majorité des populations car rien que la CNOPG elle regroupe plus de 60% de la population guinéenne qui est majoritairement rurale. Moi je suis membre « ACTES CITOYENS », j’ai été élue au congrès de mars 2007 à Kindia comme Secrétaire Nationale Chargée de Promotion de la Citoyenneté et du Mouvement Associatif. Le burlée a 15 membres du Bureau National et les 8 Présidents des CROSC (Conseil Régional des Organisations de la Société Civile) qui sont membres de droit et qui s’ils sont présent à Conakry participent aux réunions du Bureau National.

Vous avez fait plusieurs voyages au Mali, depuis 2007 et pendant la présidence de Dadis…On vous considère comme une passionnée du model démocratique malienne.  A part le phénomène ATT, qu’est ce que la Guinée peut apprendre du Mali ? (Organisation, institutions, gouvernance,…)

Vous savez j’ai des origines maliennes ma grand-mère maternelle est malienne de Ségou elle est Markha (ou Soninké), donc au Mali je suis d’abord dans ma famille.  En suite le jour d’indépendance du Mali correspond à ma date d’anniversaire, ce qui fait que chaque année je fête mon anniversaire avec les maliens qui fêtent leur indépendance.

Mais au delà de ces considérations personnelles, je dois vous signaler que le Mali s’est mobilisé aux cotés du Peuple de Guinée en 2007, pour le combat démocratique, nos frères du Mali ont organisé une marche pacifique qui a regroupé tous les Partis Politiques, les Syndicats et la Société Civile. Un grand politicien a même été très courageux de lancer un appel à la Communauté Internationale pour demander d’aider le Peuple de Guinée à se débarrasser de ce qu’il a qualifié de « Calamité » de Lansana Conté. Les maliens ont assisté les blessés de janvier et février 2007.

Si je dois parler de la passion que j’ai sur le modèle malien de Transition, c’est qu’au Mali la transition a servi de cadre pour poser les jalons des institutions d’aujourd’hui, la réconciliation nationale et les reformes qui ont aidées à construire une nouvelle gouvernance et aussi la fin de l’impunité.

Il faut souligner le mérite de la classe politique malienne et les acteurs sociaux qui s’étaient fixés un objectif commun qui était de mettre fin à la dictature et de construire un Etat de Droit, donc les putschistes maliens sont venus trouver les hommes et des femmes qui savaient bien ce qu’ils voulaient. On doit également saluer la sagesse du Pr. Alpha Oumar KONARE qui a mis en place toutes les institutions et initié de grands chantiers et au terme de ses deux mandats il est parti conformément à la constitution.

La Guinée est un pays à part entière bien que ses racines commencent au Mali, donc dans chaque chose il faut prendre ce qui est bien voire même améliorer et éliminer ce qui est mauvais et nuisible. Le changement au Mali a été douloureux car des jeunes y ont perdu la vie, mais ils sont arrivés à se réconcilier entre eux et mettre fin à l’arbitraire et aux frustrations. Cet aspect a contribué à ce que tout le monde se pardonne sincèrement. C’est ce que je souhaite aussi entre les guinéens et pour la Guinée.

La femme malienne était-elle plus libre que la femme guinéenne ?

Je vais vous dire que l’on ne sait jamais la valeur de ce que l’on possède, les femmes de Guinée sont les pionnières de l’émancipation féminine en Afrique au sud du Sahara. Si les conditions politiques et économiques avaient été favorables aux guinéennes depuis 1958, nous serions plus que les NANA BENZ du Togo ou du Benin. La Guinéenne est à féliciter et à encourager dans tous les domaines car elle a su s’affirmer malgré les problèmes de tous ordres.

Si je dois comparer, je peux vous dire qu’aucune femme de la CEDEAO n’est au dessus de la Guinéenne. Les autres ne connaissent pas les mêmes difficultés que nous mais malgré tout nous jouons dans la même division donc c’est un grand mérite.

La priorité est certes le retour a un gouvernement civil mais d’aucuns plaident le manque de lobbying féminin pendant le toilettage de la constitution afin d’exiger ou imposer une plus large représentativité et pourquoi pas une discrimination positive. Qu’en pensez-vous ?

S’il vous plait, lisez bien les lois existantes en Guinée, elles protègent bien les femmes et lui donne des droits, mais c’est la méconnaissance des textes, et aussi le fait que les femmes n’utilisent jamais la loi pour se défendre, qui font que nous pensons que nous sommes marginalisée. La constitution est claire « nul ne peut être discriminé du fait de son appartenance religieuse, ou de sexe ». La Guinée a ratifié toutes les conventions sur la parité. Mais puisque nous sommes souvent victimes de l’illettrisme, il va de soi que nous serons longtemps en marge.

Il n’y a pas de discrimination positive en matière de responsabilité et de gestion, c’est la compétence, l’intégrité et la disponibilité qui doivent être mis en avant.

Nous allons élire un nouveau président bientôt en Guinée .Quelles devraient être selon vous ses priorités et quelles doivent être les premières mesures ?

La priorité est de reformer l’administration afin de la rendre efficace et efficiente,  promouvoir les compétences et instaurer une justice indépendante et intègre, mettre fin à l’impunité. Responsabiliser les cadres de l’administration et les soumettre à des obligations de résultats. Si le futur Président parvient à mettre ces mesures là en place, les autres secteurs se réguleront d’eux même. En résumé si vous performer la gouvernance, vous n’aurez plus qu’attendre le retour de vos efforts car les investisseurs et les bailleurs de fonds viendront tout naturellement.

Un conseil aux femmes de Guinée…

Soyons des citoyennes entiers renforçons nos capacités afin de mériter les postes qu’on nous confie. Il ne faut pas attendre que les hommes vous donne le pouvoir il faut le conquérir avec eux. Aidons les jeunes filles à se qualifier pour la relève de demain. Impliquons-nous dans la préservation du tissu social et de la promotion de la paix.

Aimons-nous et cultivons la tolérance entre tous les guinéens

Nenehawa.com vous remercie.

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