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Femme guineenne et africaine

Interview: Fatoumata DIABY

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Fatoumata DIABY « Selon les textes, dans plusieurs pays, les hommes et les femmes ont les mêmes droits et devoirs sur le plan politique, économique, culturel, et social.

Concrètement, cette règle n’est pas toujours respectée, car nous remarquons tous une marginalisation de la classe féminine en Afrique. Les femmes africaines, ont du talent, elles sont fortes et intelligentes, les dirigeants africains devraient faire plus de place à ce genre, qui a toutes les capacités nécessaires dans la gestion des Hommes et de l’Etat. » Est une jeune femme   dynamique et bosseuse Titulaire d'un Bachelor en Administration et Gestion des Entreprises, et d'un Master of Science en Ingénierie Commerciale et Management de Projets. Votre site  nenehawa.com l'a rencontré pour vous. Entretien à lire

Bonjour Fatou peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Fatoumata DIABY, j'ai effectué l'intégralité de mes études supérieures en France où je réside actuellement.Je suis Titulaire d'un Bachelor en Administration et Gestion des Entreprises, et d'un Master of Science en Ingénierie Commerciale et Management de Projets.

Dans le cadre de ma formation, j'ai eu à faire un certain nombre de stages qui m'ont permis d'engrangerde l'expérience et d’occuper à ce jour le poste d’Account Manager chez BNP Paribas.

Que fait l’ingénieur en Management de Projets ?

En Management de Projets, l’ingénieur optimise la mise en œuvre des activités. Il permet d’obtenir le maximum de résultats avec le minimum de ressources dans un temps raisonnable. Il sait, mieux que le juriste et le sociologue, calculer les quantités, déterminer la rentabilité, le temps de travail et surtout déterminer le chemin critique (qui correspond à la séquence de tâches qui détermine la durée totale du projet : de l’idée de projet jusqu’à la réception des activités).

Il est aussi chargé de coordonner le travail de tous les acteurs concernés pour mener le projet à bon port, dans les délais et les coûts impartis. Comme dans tous les métiers, il doit savoir communiquer et encadrer, et surtout rester très humble.C’est un acteur actif du développement !

Comment le métier d’ingénieur peut-il aider le développement de nos pays africains ?

A mon sens, le développement se fait par l’ingénierie. L’Afrique est en pleine croissance, elle se développe, elle a donc impérativement besoin d’ingénieurs.

Malheureusement, de nos jours, la formation des ingénieurs connait dans nos pays un grand ralentissement. Ils forment de plus en plus de juristes et d’économistes, ce qui freine beaucoup leur développement.

Aujourd’hui, ils ont compris l’impact que ce métier pouvait avoir sur la croissance.

L’ingénierie a une place prépondérante dans le développement des pays africains car les secteurs porteurs de croissance (agro-industrie, mines…) sont animés pour l’essentiel par les ingénieurs qui sont en contact direct avec les populations rurales dans l’exécution de leur plan de développement. A ce titre, ils mettent à la disposition des populations l’expertise nécessaire.

Quelle est la proportion des femmes ? Sont-elles minoritaires ? Quelles sont selon toi les raisons

Aujourd’hui encore, la proportion des femmes en Ingénierie reste faible. Traditionnellement et majoritairement masculines, les écoles d’ingénieurs attirent néanmoins de plus en plus de femmes. Les récentes études ont montré par exemple qu’en France, que ce sont les écoles des spécialités agronomie et chimie qui recrutent le plus de femmes ingénieurs.

Il est donc primordial de sensibiliser les femmes sur le métier d’ingénieur,  car en leur faisant connaître la variété de ce métier, on arrivera à les convaincre. Cependant, nous avons souvent une vision bancale de ce métier, avec ce cliché en tête : l’ingénieur porte un casque dans une usine ! Rire.

En Afrique, les causes de cette proportion minoritaire sont multiples, on peut citer entre autre le faible taux de scolarisation de la jeune fille, le mariage précoce…etc.Dans nos contrées, la jeune fille n’est pas très encouragée dans ses choix scolaires, la famille a toujours tendance à l’encourager dans le choix des métiers secondaires. Pourtant, la femme a un potentiel énorme, un génie hors du commun pour contribuer à son tour au développement de la nation.

A  côté de tes contraintes professionnelles, nous savons que tu es  aussi engagée dans l’humanitaire pour les enfants.Peux-tu nous en parler en détails ?

L’humanitaire pour les enfants est un domaine très important compte tenu des conditions de vie de nos populations qui prennent très peu soin des enfants qui ne bénéficient pas pour l’essentield‘éducation adéquate et d’encadrement conséquent.

Les institutions étatiques doivent donc outiller les parents pour offrir le meilleur encadrement à leurs enfants.

Personnellement, j’ai été membre d’une association de don humanitaire en faveur des enfants défavorisés.Pendant chaque année scolaire, nous tapions à toutes les portes, pour collecter des fournitures et des vêtements pour contribuer en quelque sorte à leur épanouissement.Ces jeunes candides méritent le bonheur comme tous les autres enfants de la planète.

Il y a aussi une autre manière de venir en aide aux enfants : le Parrainage. C’est d’ailleurs ce que je recommande à mon entourage. Il consiste à prendre en charge un enfant (en Afrique, en Asie…), l’assister dans son quotidien et lui assurer un avenir meilleur.

Et le combat pour l’émancipation de la femme … Est-il encore d’actualités ?

De nos jours, il est difficile de faire évoluer les mentalités quand il s'agit de progresser sur la voie de l'égalité entre les femmes et les hommes.Je suis indignée de savoir qu'il y ait encore des femmes qui ne connaissent pas la saveur de la liberté et de l'émancipation.

L’émancipation de la femme est un combat de tous les jours, car les femmes en Afrique sont victimes de diverses souffrances professionnelles, conjugales et sociales. A mon avis, l’émancipation de la femme doit être comprise :

  • Par l’homme , en aidant la femme à s’épanouir le mieux possible en accédant à la formation, à la richesse, pour le bien-être de tous
  • Par la femme, en se battant pour accéder à une meilleure formation et avoir les ressources nécessaires à son épanouissement.

L’homme et la femme doivent avoir l’esprit de tolérance et d’acceptation mutuelle. Cette qualité doit résider dans la concertation dans les prises de décisions concernant l’avenir de la famille, puisque vous savez, la femme gère l’homme, les ressources et les enfants.Elle doit donc être bien formée pour le grand bonheur de la société.

Les études montrent que les femmes gagnent moins que les hommes en moyenne, tout en indiquant qu’une partie de cette différence s’explique par des choix de vie (études, carrière vie de famille), comment résoudre ce problème ?

Il faut le dire, en Afrique, les hommes ont plus de moyens que les femmes, car ils sont plus actifs dans les secteurs productifs. Il est difficile d’inverser cette tendance car aujourd’hui encore, il y a des considérations sociologiques qui militent en faveur des hommes.

Quand on enseigne à une fille, qu’elle doit obligatoirement se marier avant la fin de ses études (car la société le veut malheureusement ainsi), il ne faut pas s’étonner de la voir se diriger vers les formations de second choix qui ne nécessitent pas de nombreuses années d’études. Et forcément, ce choix a un impact considérable sur sa vie: sa place dans la sphère professionnelle et son salaire.

Ensuite, nous avons des femmes, qui, pour le bien être de leur famille, se consacrent entièrement à sonépanouissement. Ces femmes ne gagnent donc rien, car elles dépendent de leurs hommes.

Les femmes ont –elle les mêmes droits et devoirs que les hommes sur les plans politique, culturel, social, économique aujourd’hui ? Si non, que reste-t-il à faire surtout pour nos pays africains.

Selon les textes, dans plusieurs pays, les hommes et les femmes ont les mêmes droits et devoirs sur le plan politique, économique, culturel, et social.Concrètement, cette règle n’est pas toujours respectée, car nous remarquons tous une marginalisation de la classe féminine en Afrique.

Les femmes africaines, ont du talent, elles sont fortes et intelligentes, les dirigeants africains devraient faire plus de place à ce genre, qui a toutes les capacités nécessaires dans la gestion des Hommes et de l’Etat.

Néanmoins, cette égalité est mal comprise par les hommes et les femmes. De cette façon, ils mettent en péril les fondements mêmes de la première cellule sociale qui est la famille. A mon avis, il faut améliorer la formation des uns et des autres pour accepter la concertation entre homme et femme dans la prise de décisions sur les questions fondamentales du développement, de la famille et de la société.

Qu’est-ce que tu peux suggérer au mouvement féministe guinéen pour se rendre plus visible?

Le mouvement féministe guinéen doit, pour sa visibilité, puiser profondément dans nos valeurs ancestrales (respect, solidarité, partage…etc.), et fournir l’effort soutenu pour une meilleure formation académique pour le bien être de la famille.

Vous savez, il ne suffit pas d’être une ‘’féministe ‘’, il faut être une féministe engagée pour la bonne cause. Nous sommes issues d’une société pauvre et analphabète. Un analphabétisme qui touche plus de femmes que d’hommes.

Nous devons être prêtes à venir en aide à ces milliers de petites filles qui ne connaissent pas le chemin de l’école, qui se font arracher leur petit bout de chair (excision), qui sont victimes de mariages précoces et d’exclusion dans une société gérée pour la plupart par des hommes.Nous devons venir en aide aux femmes qui sont victimes de violences conjugales, d’inégalité dans la sphère professionnelle, qui ne perçoivent pas les mêmes salaires que les hommes. Qui n’osent pas affirmer leur leadership.

Quand on aura réuni tous ces éléments, nous pouvons parler de mouvement féministe guinéen !

Ton dernier mot aux Internautes.

En tant que femme, nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir un dernier mot…rire

Aux internautes, je dirai tout simplement que nous pouvons tous, d’une façon ou d’une autre contribuer au développement de notre pays : la Guinée. Chacun de nous a un génie, il faut savoir l’exploiter pour faire partie des futurs acteurs du développement de notre chère patrie que nous bâtirons tous ensemble main dans la main dans un futur proche.

Aux femmes, je dirai, que nous sommes l’avenir de l’Afrique, du monde. En réalité, nous sommes les vrais leaders car c’est une chance immense d’être une femme. A ce titre, nous devons nous lever massivement pour lutter contre ces inégalités dont nous sommes victimes. Nous devons nous faire entendre, nous battre pour ce qui nous revient de droit.

Je terminerai par cette célèbre citation de Stendhal, je cite :"L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain.”

Merci Fatou pour ta disponibilité.

C’est moi qui te remercie Nenette Balde 

Une interview réalisée par  Nenette Baldé Pour Nenehawa.com

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