NENEHAWA.COM

Femme guineenne et africaine

Les femmes guinéennes veulent-elles réellement le pouvoir ?

  • PDF

Le 31 octobre 2015, la Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 11 octobre dernier. Sur les 8 candidats, la candidate arrive en dernière position. Avec ses 0,33%, Marie Madeleine Dioubaté est la dernière à fermer le bal des prétendants au fauteuil présidentiel. Pour un pays dont plus de la moitié de la population est composée de femmes et de filles, ce résultat laisse songeur. Pourquoi les Guinéennes ont-elles préféré donner leurs voix à certains candidats plutôt qu’à la candidate ?

 

On peut tout d’abord relever que Marie Madeleine Dioubaté était jusqu’à l’annonce de sa candidature une parfaite inconnue. Le fait qu’elle soit étrangère au microcosme politique fait que très peu de personnes la connaissent.  Une bonne campagne aurait peut-être quelque peu résorbé ce handicap mais l’absence de programme et peut-être même le manque d’ambition réelle de la candidate n’a pu contribuer à la faire connaître des électeurs. Plus généralement, la candidature de Marie Madeleine semble ne pas avoir été une candidature féminine sérieuse.

En 2010, une femme s’était également portée candidate. Saran Daraba est à l’extrême opposée de Marie Madeleine Dioubaté. Si cette dernière est, comme on l’a dit, une parfaite inconnue ; Saran Daraba, pour avoir été une figure importante de la société civile guinéenne et même ministre de la République, ne l’est pas. Elle n’a pourtant pas réussi à fédérer les femmes guinéennes autour de sa personne.

Dans le cas de Saran Daraba, que l’on peut considérer comme ayant été une candidature féminine sérieuse, ce qui semble avoir manqué c’est la prise de conscience des femmes guinéennes qu’elles sont majoritaires dans le pays ; et que si elles le souhaitent véritablement elles peuvent tout à fait conquérir le pouvoir et l’exercice.

Malheureusement, ce qui semble aujourd’hui manquer à la gent féminine guinéenne c’est un leadership de qualité. En effet, la Constitution, même si elle ne garantit pas la parité accorde aux femmes la possibilité d’occuper environ le tiers des postes électifs. Il est curieux de constater que les femmes politiques n’exigent pas des formations auxquelles elles appartiennent le respect de cette disposition constitutionnelle. Il faut absolument qu’elles le fassent. La Guinée se portera mieux le jour où les femmes seront majoritaires dans les organes de décision. Marie Madeleine Dioubaté a clos le bal mais la balle reste dans le camp des femmes. A elles de jouer.

Sékou O. Camara pour nenehawa.com

{module Dernières actualités..}

{module pub_generale}

 

Identification



Faire un don

Enter Amount: