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Femme guineenne et africaine

Interview Ary sidibe : Une ancienne icône de la beauté engagée dans l'humanitaire

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Votre  site  au féminin  nenehawa.com  s'est entretenu avec la célèbre miss Ary sidibé.  Elle  s'est exprimée sur son engagement auprès de son ONG Love and Care to Children (LLC ) Celle-ci œuvre  dans la lutte contre la mendicité infantile.   La belle y révèle tous ses projets, ses motivations,  et de son parcours exceptionnel et remarquable Entretien à lire

 

Bonjour Ary, nous savons que tu as un parcours professionnel assez exceptionnel et remarquable. Peux-tu te présenter aux lecteurs  de nenehawa.com

Bonjour Nenehawa. Je m'appelle Ary Sidibe, jeune guinéenne diplômée en Relations Internationales et Droit International à l'Université du Quebec à Montreal. J’ai débuté mon cycle scolaires en Guinee à l’école primaire Saint Joseph de Cluny à Conakry, le collège et lycée à Sainte Marie de Dixinn et obtenu le Baccalauréat unique en Sciences Sociales avec mention. J’ai ensuite entamé une année de langue anglaise à Accra en 2009 où j’obtins un profeciency en Langue anglaise. À mon retour à conakry, j’entrepris une année à l’Université Mercure International de Conakry en Langues Étrangères appliquées aux Relations Internationales en 2010/2011. Grâce à mon classement au Bac en 2008, j’avais obtenu une bourse d’études sur le Maroc pour le cycle universitaire, mais je décidai de poursuivre mes études en Amérique du Nord, notamment au Canada ayant toujours été séduite par le système éducatif canadien en particulier et nord-américain en général. Je passai donc 8 mois à New York en vue de parfaire l’anglais avant de continuer au Canada commencer l’université en Relations Internationales et Droit International à l'UQAM où j’obtins mon diplôme de fin d’études en décembre 2015. Je suivis un stage au Ministère des Affaires Étrangères et des Guinéens de l’Étranger de la République de Guinée en fin 2015 et entrepris de prendre des cours de troisième langue (Espagnol). Je rêve de devenir plus tard diplomate et de servir ma nation la Guinée.

En 2014, tu décides de partager ta passion et de créer l’ONG  « Love and Care To Children », qui lutte contre la mendicité infantile… Peux-tu nous en dire plus ?

L’ONG Love and Care  to Children (LCC) est une organisation à but non lucratif composée de 25 membres, de la loi 1901, crée en août 2014 qui œuvre exclusivement dans la lutte contre la mendicité infantile. Elle veut contribuer au changement de mentalités face aux us et coutumes qui facilitent  les phénomènes comme la mendicité des enfants et leur exploitation et vise à promouvoir toutes actions de développement des cellules familiales. Depuis la création en 2014, nos objectifs au sein du Love and Care to Children ont été clairement définis dans le programme DE LA RUE A L’ECOLE et tournent autour de la Sensibilisation des parents, des communautés et des adultes mendiants sur les risques de la mendicité infantile. Ensuite les appuyer dans le processus de retrait des rues, scolariser les enfants et prendre en charge leurs besoins d’alphabétisation et de formation, les assister sur le plan alimentaire, les prendre en charge sur le plan sanitaire et financer à crédit des activités génératrices de revenus pour les parents afin de leur permettre de réintégrer le marché du travail et de quitter la rue. Nous avons mis également sur pied un système de parrainage afin de mettre les enfants en rapport avec des personnes de bonne volonté désireuses de les sponsoriser. Aujourd’hui quatre des enfants du LCC bénéficient de ce parrainage. Lors de sa création en 2014, le projet phare était le programme d’insertion de la cohorte 2014.

Cette cohorte était composée de 5 enfants que nous avons sélectionnés à travers une rencontre des familles mendiantes afin d’étudier leurs profils. 10 familles ont été interviewées et 5 retenues pour intégrer le programme « De la rue à l’école » qui comporte les 5 volets cités plus haut. Ce programme a été appliqué à la cohorte de 2014 (enfants et familles) grâce aux fonds collectés lors de la soirée caritative que nous avons organisée en aout 2014 à Conakry où nous avons bénéficié de nombreux dons de différents partenaires institutionnels (Ministère de l’Action Sociale, de la promotion féminine et de l’Enfance, Ministère de la jeunesse, Ministère de l’Enseignement pré-universitaire), partenaires privés, la fondation de la première dame, les établissements scolaires comme Sainte Marie, La Farandole, le Bélier. Les enfants ont été scolarisés et les mères ont réintégré le marché du travail.  Nous venons d’intégrer 5 nouveaux enfants qui constituent la cohorte 2016 et suivront à leur tour le même programme de réinsertion, ce qui totalise le nombre d’enfants à 10. Pour les mères qui viennent d’intégrer l’ONG, nous avons contacté l’Office Nationale de Formation et de Perfectionnement professionnels (ONFPP) afin qu’elles intègrent le programme de formation technique, initiative du Ministère de l’enseignement Technique, de la formation professionnelle, de l’Emploi et du travail. Nous avons pris contact avec les institutions internationales telle que l’UNICEF et la Direction Nationale de l’Enfance afin qu’elle nous accompagne dans le plaidoyer au niveau des autorités étatiques en vue d’une éradication complète de ce fléau de la mendicité infantile par le durcissement de la loi.

D’où vous vient ce désir de t´engager ? Qui peut devenir membre et quelles sont les conditions ?

Hm, je dirai que ce désir vient de ma foi et mon éducation. Ma religion musulmane et ma famille m’ont toujours appris à partager, à être sensible à la cause des plus démunis et à cultiver les valeurs telles que : l’entraide, la solidarité et la tolérance. Raison pour laquelle j’ai décidai en 2010 lors de mon mandat de miss Guinée Nationale 2009, de m’investir dans la promotion de l’éducation pour les plus déshérités mais aussi dans la lutte contre la mendicité infantile en adoptant un enfant de la rue en 2010, en parrainant deux enfants à travers PLAN International en 2013 et 2014 (Ghana et Togo) et en créant cette ONG LCC en 2014.

Par ailleurs, les conditions d’adhésion sont les suivantes : être âgé de 18 à 35 ans, être résidant en Guinée, au Canada ou en France, et être prêt à se mettre au service des enfants mendiants, d’investir son temps et son énergie de façon bénévole pour cette cause.

Si rejoindre l'ONG vous intéresse, prières nous adresser une demande d’adhésion à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. spécifiant le nom, prénom, âge, profession, lieu de résidence et quelque ligne de motivation de la demande.

Si tu  devrais  définir ton  ONG, love and Care To Childrenen trois mots, lesquels seraient-ils ?

L’ONG LCC est Amour, Attention et ensuite partage d’où son nom « Love and Care » to children, « Amour et Attention » aux enfants. Et le partage est une valeur à laquelle nous tenons énormément au sein de l’ONG.

Quelles sont les réalisations  et aussi les projets de ton ONG, love and Care To Children pour le futur ?

Nous avons pour objectif d’agrandir l’ONG en y intégrant à chaque deux ans, cinq enfants selon nos moyens. À moyen terme, nous visons l’ouverture d’un centre de formation technique pour les mères et adolescents mendiants qui ne sont plus en âge de reprendre l’école. Pour le moment nous les redirigeons vers des centres de formation déjà existants. A long terme, nous comptons créer une fondation d’hébergement  des enfants de la rue  afin de leur offrir un espace de vie idéal pour leur épanouissement personnel mais aussi scolaire. Et enfin constituer un plaidoyer avec toutes les données recueillies à présenter aux autorités compétentes en vue d’une éradication complète de ce fléau.

Certains auraient attendu que tu fasses dans la mode et la musique étant  une  ancienne icône  de beauté (Miss Guinée Nationale 2009, Miss Afrique Montréal 2014 entre autres titres…). Qu’est ce que tu en penses? Des projets dans ce sens ?

Dans la musique? Oh Mon Dieu, je vais vous épargner le calvaire de m’écouter chanter (rires).Des projets dans la mode cependant oui. Je viens de lancer une marque de vêtements: "Ary Collections" une passion de petite fille que j’ai héritée de ma mère qui a été styliste dans sa jeunesse et a du arrêter pour des contraintes maritales. Cependant nous avons toutes les deux partager cet amour pour la mode, les styles vestimentaires afro tendance, les défilés de mode etc. C’est la raison pour laquelle depuis bientôt deux ans je travaille sur la sortie de la marque de vêtements faits exclusivement en Afrique, de textiles africains dans un métissage vestimentaire très intéressant. La première collection est prévue pour très bientôt.


En dehors de l’humanitaire et de la mode, avez vous d’autres passions ou projets ?

La communication et la danse. Depuis un an je travaille sur un projet d’émission, un talk show à l’américaine « Ary Show ». Le Ary Show est une émission enrichissante et divertissante qui vise à promouvoir la culture, le sport et à mettre en avant des modèles de société. Le show n'est pas encore lancé. On se prépare pour cette fin d'année. InchAllah.Mon autre passion est la danse qui est selon moi, une véritable thérapie et une expression de l’âme, de l’esprit et du corps. Je donne occasionnellement des cours de danse lors des ateliers à Montréal et à Conakry et je compte en Novembre 2016, en partenariat avec le Moov On Fitness Club et le Prima Center, organiser un grand événement de Afrobeat Dance Workout pour collecter des fonds pour les enfants du LCC.

À coté de tout cela, j’ai fondé récemment l’ONG MISS GUINEE MONDE, une élection miss qui regroupera à Conakry, toutes les reines de beauté guinéenne élues à l’extérieur de la Guinée au sein d'un concours. Cette élection vise à assister les miss dans la mise sur pied de leur projet humanitaire, de valoriser la culture et le tourisme guinéen mais aussi de vendre la destination Guinée.

Parlons de l’Afrique et la Guinée. Les attitudes et normes sociétales empêchent indirectement certaines femmes d’envisager la création d’entreprise… Que proposez-vous pour contrer ces  obstacles systémiques  pour sortir de nombreuses femmes entrepreneurs qui  restent confinées à de très petites entreprises et dans l’économie informelle ?

J’ai souvent eu à affirmer que notre première barrière était notre esprit. Car souvent c’est lui qui nous dicte notre capacité ou incapacité à accomplir certaines actions. Donc les premières chaines dont les femmes devraient se départir sont les chaines que leur esprit leur impose. Ces chaines de l’esprit sont engendrées par les sociétés dans lesquelles elles vivent, à travers les idées reçues de génération en génération. Il nous faut en tant que femmes, prendre conscience de notre potentiel pour nos familles, nos pays et  nos continents. Nous nous devons de revendiquer nos droits et des chances équitables comme le font déjà beaucoup, prouver que rien ne peut justifier la discrimination basée sur le genre dont nous sommes victimes particulièrement dans le domaine du travail. Nous devons plus que jamais nous imposer à travers l’excellence de notre travail et le sérieux de notre engagement.

À ces sociétés qui continuent de marginaliser les femmes, aucune raison ne justifie au XXIe siècle que vous excluez du processus de développement de vos nations, des êtres aussi essentiels que les femmes. Elles ont prouvé à de nombreuses occasions qu’elles pouvaient être des chefs d’entreprises de taille tout en étant d'excellentes mères de famille ainsi que de remarquables épouses et partenaires.

Nenehawa.com te  remercie pour ta  disponibilité.

Merci infiniment à Nenehawa pour cette interview. Je vous félicite pour votre parcours remarquable et surtout meilleures réussites pour la suite.

Une interview réalisée par  Nenette Baldé Wad  Pour Nenehawa.com

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