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Femme guineenne et africaine

En Inde, une école forme d`anciennes esclaves sexuelles à devenir avocates

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Une école indienne lutte activement contre la prostitution infantile en offrant à d'anciennes mineures prostituées un accès à l'éducation. Chaque année, en Inde, des milliers de jeunes filles sont arrachées aux bancs de l'école pour devenir pensionnaires de maisons closes.Selon l'ONG luttant contre le trafic sexuel Free a Girl Movement, jusqu'à 1,2 million d'enfants – certains parfois tout juste âgés de sept ans – sont aujourd'hui prostitués de force. Bien qu'interdite dans le pays, la prostitution infantile n'est que très peu réprimée. En 2015, seuls 55 clients de jeunes prostituées ont été condamnés par la justice.

Vendues par leurs familles, ces fillettes et jeunes filles devenues esclaves sexuelles doivent renoncer à tout ce qui pourrait faire d'elles des femmes indépendantes et épanouies. À commencer par l'école, qu'elles n'ont d'autre choix qu'abandonner.

C'est pour permettre à ces jeunes filles et jeunes femmes prostituées contre leur gré qu'une école un peu particulière vient de voir le jour en Inde. Ouverte depuis le 6 avril dernier par Free a Girl Movement, la School for Justice (l'école pour la justice) accueille d'anciennes esclaves sexuelles afin de les former au droit. 19 jeunes femmes âgées de 19 à 26 ans ont déjà rejoint la School for Justice. En plus de leur formation pour devenir avocates, juges ou procureures, toutes reçoivent une aide morale et psychologique de la part du personnel éducatif.

S'émanciper par l'éducation

Originaire de Kultali, à l'Est de l'Inde, Lata a été forcée à arrêter l'école à 16 ans pour se marier avec un garçon qui l'a vendue à une maison close deux mois après leur mariage. Elle a alors cru qu'elle ne pourrait jamais avoir d'avenir. Aujourd'hui, elle a échappé au trafic sexuel et étudie à la School for Justice pour devenir avocate, explique-t-elle à l'édition américaine de Mashable.

Comme les autres étudiantes, Lata compte bien aller au bout de sa formation en droit pour pouvoir poursuivre les criminels qui l'ont exploité et ont cherché à lui voler son avenir.

"Ce sont des jeunes filles qui ont traversé des expériences très traumatiques et ont vécu des choses que nous pouvons difficilement imaginer. Et pourtant, elles ont trouvé la force de se tenir debout devant la presse nationale indienne et dire au monde qu'elles ne se concentrent pas sur le passé, mais sur l'avenir", explique à AdWeek Bas Korsten. Directeur créatif exécutif de l'agence J. Walter Thompson Amsterdam, c'est lui qui a eu en premier l'idée de créer une école de droit destinée à d'anciennes prostituées.

"Un client est venu nous voir pour une campagne de sensibilisation à la prostitution infantile en Inde, raconte-t-il. Après quelques réunion, l'équipe créative a eu l'idée de School for Justice [...] Nous avons élaboré en étroite collaboration avec Free a Girl Movement le programme éducatif, recherché un lieu pour accueillir l'école, sélectionné la première classe de filles et construit la campagne autour d'elles."

Pour faire la promotion de cette école pas comme les autres, l'agence JWT a mis en place une campagne d'envergure en Inde, où l'on aperçoit les jeunes filles sauvées de la prostitution et aujourd'hui promises à une brillante éducation. L'école a même reçu le soutien de Malika Sherawat, actrice star de Bollywood et désormais marraine du projet School for Justice.
Pour l'heure, seules 19 jeunes femmes ont adhéré au programme de School for Justice. C'est peu, mais parce qu'il "a été difficile de trouver les premières filles à recevoir cette éducation", se justifie Bas Korsten. "Même si elles se font offrir leurs frais de scolarité et ceux de mentorat supplémentaire, toutes devront passer exactement les mêmes examens que n'importe quel autre étudiant en droit en Inde", poursuit-il.

Pour ses créateurs, la School for Justice est un projet à long terme qui permettra aux jeunes filles qui le suivront de décider de leur propre avenir : Il n'est pas non plus dénué de danger pour celles qui décident de suivre des cours de droit. "Il y a eu de sérieuses menaces, ce qui explique pourquoi nous ne divulguons pas l'emplacement de l'école. Mais nous croyons que cette première classe en inspirera beaucoup d'autres." L'ouverture d'une School for Justice au Brésil est d'ailleurs prévue.

Source: terrafemina.com

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