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Femme guineenne et africaine

La migraine pendant les règles (migraine menstruelle)

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De nombreuses femmes souffrent de migraine hormonale. Si ces maux de tête apparaissent dans les jours qui précèdent les règles, ou pendant les menstruations, et surviennent quasiment tous les mois, il est probable que ce soit une migraine menstruelle. Causes, symptômes, prévention et traitements.

La migraine menstruelle touche environ une femme sur dix. Chez plus de la moitié des femmes migraineuses, les règles constituent un facteur majeur de déclenchement des crises. Les femmes qui prennent une pilule combinée ou progestative (qui empêche les règles) peuvent également souffrir de migraine menstruelle durant la semaine sans prise de pilule.

La douleur peut être extrêmement pénible et fortement perturber la vie privée, sociale et professionnelle. Et une proportion importante des femmes souffrant de migraine menstruelle sont aussi accablées en dehors de la période des règles.

Les symptômes

Pour que l’on évoque un épisode de migraine menstruelle, il faut qu'au moins deux des symptômes suivants soient présents :

• mal de tête unilatéral ou bilatéral

• pulsatile

• perturbe ou empêche les activités de la vie quotidienne

• augmente à l'effort

• présence de nausées ou de vomissements

• photophobie (intolérance à la lumière) et/ou phonophobie (intolérance au bruit)

• la crise (non traitée) dure de 4 à 72 h

Les crises de migraine menstruelle sont généralement plus violentes, plus longues, et plus difficiles à soulager avec des antidouleurs que les épisodes migraineux qualifiés de « classiques ». La migraine menstruelle ne s’accompagne pas de phénomènes d’aura, d'illusions visuelles, de flashs ou de troubles sensoriels ou moteurs, comme des picotements autour de la bouche ou des problèmes d’élocution.

Certaines femmes souffrent de maux de tête à l’approche ou durant les règles, mais il ne s'agit pas de migraine à proprement parler. La distinction n’est d’ailleurs pas toujours simple à effectuer. La migraine menstruelle cause souvent des nausées et des vomissements, ainsi que de la photophobie ou de la phonophobie, des troubles qui ne surviennent pas en cas de « simple » (tout est relatif !) céphalée menstruelle, celle-ci répondant mieux que la migraine aux antidouleurs classiques.

Les causes

La migraine menstruelle est probablement causée par la chute brutale de la production d’oestrogènes juste avant les règles. La surproduction de prostaglandines durant les premiers jours des règles jouerait aussi un rôle.

Les crises migraineuses peuvent augmenter en intensité à l'approche de la ménopause, et par la suite.

Les traitements

La migraine menstruelle est traitée de la même manière que les autres formes de migraine. Si les antidouleurs classiques ne suffisent généralement pas, les médicaments antimigraineux donnent de bons résultats.

Les antiémétiques

Lorsque la crise migraineuse s’accompagne de nausées ou de vomissements, un antiémétique comme la dompéridone ou du métoclopramide (par voie orale ou en suppositoire) peut être indiqué. Le médicament sera pris dix à quinze minutes avant l'antidouleur.

Les antidouleurs

Les antidouleurs classiques du groupe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains), comme l’ibuprofène, le diclofénac, le naproxène, sont généralement conseillés dans un premier temps. Le paracétamol a peu d’effet contre cette forme de migraine

Les triptans

Si les antidouleurs classiques s’avèrent inefficaces, un triptan peut être prescrit, en combinaison avec un antiémétique. Les triptans constituent une classe de médicaments spécifiques contre la migraine. Ils doivent être pris au tout début de la crise. Il existe plusieurs types de triptans. Le mode d'administration varie : voie orale, spray nasal, suppositoire, injection sous-cutanée. Chez les adolescentes (moins de 17 ans), c’est le spray nasal qui sera prescrit en première intention. Les effets secondaires et les contre-indications seront discutés avec le médecin.

L’ergotamine

L’ergotamine (ergot de seigle) est généralement déconseillée en raison de ses effets secondaires. Ce n’est que dans le cas d’une crise de migraine particulièrement sévère qui ne peut être soulagée avec d’autres médicaments qu’une injection sous-cutanée de dihydroergotamine peut être administrée.

Les autres solutions

D’autres mesures peuvent aider à soulager une crise de migraine :

• la relaxation dans une chambre sans lumière et sans bruit, au calme dans un environnement tempéré

• de la glace sur le front et les tempes

• de l’huile essentielle de menthe poivrée sur le front et les tempes

• l’acupuncture

La prévention

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Un traitement préventif sera utile, et même nécessaire, en cas de migraine menstruelle récurrente. L'objectif consiste à diminuer la sévérité et la fréquence des crises, mais il ne parviendra probablement pas à les éviter complètement.

La prévention à court terme

Cette méthode intervient dans la période qui précède les règles et concerne uniquement les femmes qui ont un cycle hormonal régulier. Le principe est de commencer le traitement quelques jours avant le début des règles et de le prendre durant six à sept jours.

• Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains) Comme l’ibuprofène ou le naproxène, à prendre deux ou trois fois par jour. Commencez le traitement deux à quatre jours avant le début des règles (le premier jour de la semaine d’arrêt de la pilule pour les femmes qui prennent un contraceptif oral) et continuez jusqu’au 3ème jour des règles. Si cela n’apporte pas de soulagement, vous pouvez éventuellement recourir à des triptans. Votre médecin peut également envisager de vous prescrire des médicaments qui diminuent la pression artérielle (bêta-bloquants), un antagoniste du calcium (flunarizine), un médicament contre l’épilepsie (le valproate ou le topiramate), un antagoniste des récepteurs de la sérotonine ou un antidépresseur (l’amitriptyline).

• Le patch hormonal. Les patchs hormonaux sont destinés à réduire les variations hormonales. Un patch oestradiol (10 µg / 24 heures) peut être posé le jour 20 du cycle. Il sera changé à deux reprises, à raison d’une fois tous les trois jours (il vous faudra donc utiliser trois patchs au total). Une crise de migraine pourrait toutefois survenir après le retrait du dernier patch.

• Le gel hormonal. Même effet que le patch. Pour obtenir la meilleure efficacité, il vaut mieux commencer 5 ou 6 jours avant le début des règles et continuer le traitement jusqu’au jour 2. Là aussi, une crise de migraine n’est pas à exclure après la fin du traitement.

• Le magnésium. Un traitement court (supplémentation en magnésium) à raison de 3 x 360 mg / jour sera entamé environ une semaine avant le début des règles et sera poursuivi jusqu’à la fin de celles-ci.

• L'homéopathie et la phytothérapie. Il n’y a jusqu’à présent pas de preuves scientifiques qui attestent que des médicaments homéopathiques permettent de combattre la migraine. Certaines plantes comme la grande camomille et le pétasite hybride pourraient néanmoins avoir un effet bénéfique. Les préparations à base de pétasite hybride ne peuvent cependant pas être vendues en Belgique en raison des effets secondaires potentiels.

• Mais aussi... Faire attention aux facteurs qui risquent de déclencher les crises (manque de sommeil, stress, sauter un repas, certains aliments...), boire suffisamment d'eau, s'initier aux techniques de relaxation...

La prévention à long terme

• La pilule contraceptive en continu. Il peut être envisagé de prendre de manière continue une pilule contraceptive faiblement dosée en oestrogènes (sans semaine d’interruption et donc sans apparition des menstruations). Cette pilule pourrait être prise pendant une période de trois à six mois. Il se peut toutefois que des métrorragies (saignement vaginal en dehors des règles) apparaissent, mais cela ne doit pas vous inquiéter. Il suffit simplement, à ce moment-là, d’intercaler une semaine d’arrêt, et d’entamer ensuite une nouvelle plaquette. Il n’est pas exclu qu’une crise de migraine survienne. La pilule est toutefois déconseillée aux femmes qui souffrent de migraine avec aura et à celles qui fument (risque accru d’AVC).

• Un contraceptif à base uniquement de progestatifs. C’est une alternative. La pilule mini-dosée, certains stérilets ou l’implant hormonal ne contiennent pas d’oestrogènes mais préviennent l’ovulation en veillant à ce que les concentrations en oestrogènes restent stables.

• La coenzyme Q10. Selon certaines études, la coenzyme Q10 (150 mg / jour pendant 3 mois minimum) pourrait diminuer le nombre de crises.

• La riboflavine (vitamine B2). Certaines études montrent un effet bénéfique des suppléments en vitamine B2 (400 mg / jour pendant 3 mois minimum). Ces suppléments diminueraient le nombre de crises, mais pas leur intensité.

• Le botox. Un certain nombre d’études montrent un effet positif des injections de toxine botulique en cas de crises de migraine récurrentes. En Angleterre, le traitement est d’ailleurs remboursé par la sécurité sociale dans le cadre de la prise en charge de la migraine chronique.

Source : passionsante.com

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