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Femme guineenne et africaine

Un concours de miss monde pour «changer l`image des femmes en fauteuil roulant»

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A Varsovie s'est tenu samedi soir un concours inédit : 24 jeunes beautés ont concouru pour le titre de Miss Monde en fauteuil roulant.And the winner is… ? La jolie Biélorusse de 23 ans Alexandra Chichikova, étudiante en psychologie et pédagogie sociale, et en fauteuil roulant comme ses 23 compagnes, à qui elle a fièrement lancé, lors de la soirée de gala à Varsovie : «Luttez contre vos angoisses et vos peurs.» Première et deuxième dauphines, la Sud-Africaine Lebohang Monyatsi et la Polonaise Adrianna Zawadzińska. Et qui est-ce qui remporte le titre de Miss Sourire, dont on pensait que ça n’existait même pas ? La joueuse de football et mannequin française Nadjet Meskine. Mais au fond, il n’y a pas vraiment de gagnantes, dans ce concours-manifeste, avec présentation des candidates en costume folklorique, tenues de soirée et de cocktails, organisé à l’initiative de la fondation polonaise Jedyna Taka. «Toutes gagnantes : nous nous sommes fait de nouveaux amis, nous avons vécu de nouvelles expériences, connu toute cette ambiance ensemble», dixit la Chilienne Maria Diaz, 28 ans, joueuse de tennis en fauteuil roulant, récompensée des titres Miss Activité et Miss Lifestyle Designers, et se félicitant de cette «première occasion du genre de montrer au monde que nous sommes capables de faire vraiment ce que nous voulons».

Il y avait là, entre autres participantes, la Finlandaise Kati van der Hoeven, qui communique avec son mari par des mouvements de pupilles, la Polonaise Beata Jalocha, kinésithérapeute blessée en 2013 lorsqu’un homme tombe sur elle en se suicidant du septième étage d’un immeuble, ou de la Néerlandaise Mirande Bakker, victime d’une erreur médicale. Des histoires évidemment terribles, suscitant parfois des difficultés dans l’exécution des chorégraphies. Ainsi, quand la chorégraphe a demandé qu'«on lève la main droite» l’Américaine Jennifer Lynn Adams a rétorqué, depuis son fauteuil roulant électrique qu’elle conduit à l’aide d’un joystick, ne pas en avoir (de main droite). Née sans mains et sans jambes, la jeune femme doit s’adapter «à la musique, à la chorégraphie, mais c’est ok. Dans la vie, je dois m’adapter», a-t-elle déclaré à l’AFP.

Acceptation de la diversité des corps

L’idée c’est, évidemment, comme toutes ces compétitions autour de la «différence» (on hait ce mot qui définit en creux une normalité, en l’occurence sur deux pattes, mais pas facile d’en trouver un autre), de «changer l’image des femmes en fauteuil roulant, pour qu’elles ne soient pas définies à travers cet attribut», selon Katarzyna Wojtaszek-Ginalska, 36 ans, cofondatrice du projet et coprésidente du jury, elle-même en fauteuil roulant. On se souvient de l’Australienne Justine Clarke, 26 ans, la première femme en fauteuil à concourir pour le titre de Miss Australia, en février de cette année, qui certes n’est pas allée bien loin sur le podium mais a pu délivrer son message : «Pour quelqu’un en fauteuil roulant, être en mesure de rivaliser avec les participantes est une grande chose. J’espère vraiment que cela fera comprendre au monde que peu importe votre race ou votre handicap – tout ce qui vous rend différent – vous êtes magnifique.»

Pour le concours de Varsovie, les candidates avaient été soit présélectionnées dans des concours nationaux, soit choisies par des ONG contactées par la fondation polonaise. Chaque pays pouvait être représenté par deux candidates, sélectionnées pour leur beau visage, certes, mais ça n’est pas le tout : comptent aussi beaucoup, comme dans tous les concours de Miss Monde, qui veulent arrêter les horribles guerres et les horribles cancers aussi, «la personnalité des filles, leur activité quotidienne, leur engagement, leur vie sociale, leurs projets», a expliqué Katarzyna Wojtaszek-Ginalska. Sans être absolument certains que ce soient les concours de Miss qui véhiculent un message très positif sur l’image des femmes, on peut en tout cas se féliciter que l’acceptation de la diversité des corps fasse un peu son chemin, même s’il faut en passer par des podiums à paillettes.

Source: next.liberation.fr

Crédit photo: AFP

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