NENEHAWA.COM

Femme guineenne et africaine

Pour en finir avec l’obsession du bonheur

  • PDF

Qui pourrait nous reprocher de vouloir être heureux? Objectif louable, c’est vrai. Mais le bonheur ne doit pas ressembler à une destination finale où enfin déposer nos valises pour de bon. Il doit se trouver en route, dans de petites choses. Sans compter qu’il y aura des détours douloureux et un lot d’embûches à traverser aussi. L’obsession du bonheur devrait nous pousser à réfléchir sur notre propre conception de ce sentiment.

D’un côté, tout le monde veut une vie intéressante, positive et riche en expériences formidables. Pourtant, les coups durs et les écueils nous attendent toujours dans le détour. De l’autre, il est impossible d’être heureux, tout le temps et de toujours vivre dans un état de bien-être total. Impossible de sourire 24/24 et ne jamais être en colère : ce n’est pas la vraie vie! Une des sources de ce flottement entre ces deux pôles est qu’on nous répète partout – télévision, magazines, livres, médias – l’importance du bonheur et on nous rappelle que nous sommes responsables du nôtre. Comme la journaliste Marie-Claude Élie le décrit bien dans son livre La dictature du bonheur, le bonheur est devenu un impératif. Il faut être heureux. Il faut être positif. Il faut…

Rechercher le bonheur, encore

Mais quand cela devient une obsession de tous les instants, il y a des risques. Parfois, certains en viennent à réprimer ou à refouler certaines émotions qui font pourtant partie de la vie. On « ressent » une émotion, mais partout on nous enjoint à la canaliser, la contrôler, la moduler. Comme si tout ce qui n’est pas lié au bonheur ne devait pas être vécu. Au contraire, avoir la capacité de vivre nos émotions (agréables ou non!), les nommer sans essayer de les éliminer au plus vite et les ressentir vraiment nous permettrait de ne plus les craindre et de diminuer le réel pouvoir qu’elles ont sur nous. Parce qu’on ne peut pas tout balayer ce qui ne ressemble pas au bonheur : il faut le vivre aussi.

Un des dangers de l’obsession du bonheur est de vivre « comme si ». Du coup, on joue un rôle. On module qui on est sur ce qu’on voudrait qu’on soit. On renie qui on est véritablement au profit d’une vie parfaitement heureuse… en surface. Parce que quand tombent les masques, le soir, est-ce qu’on est véritablement heureux?

La multiplication des coachs de vie, des livres de développement personnel, des ateliers « bien-être » et autres peuvent être bénéfiques si on les utilise avec discernement, mais pernicieux si on les voit comme une obligation ou des leçons à suivre à la lettre. On pourrait même venir à croire qu’il est anormal d’être déprimé, fâché et même malade. Les réseaux sociaux peuvent aussi nous mettre de la pression. Il faut être heureux et, surtout, le montrer. Avec Facebook et Instagram, certaines personnes oublient que les «amis» virtuels ne montrent qu’une portion de leur vie, qu’ils choisissent et même mettent en scène ce qu’ils affichent ou écrivent. Toutefois, la vie va vite. Le tourbillon nous happe. On oublie de prendre une certaine distance et le bonheur des autres vient assombrir davantage notre vie. On la trouve moins intéressante. On se sent coupable de ne pas être aussi heureux ou d’offrir le même type de « gros bonheur » à nos enfants, par exemple. On s’isole. Et c’est une roue qui tourne.

L’obsession du bonheur et ses dangers

Attention, la recherche du bonheur peut devenir un problème, un problème même dangereux. On en veut toujours plus. On ne souhaite qu’un bonheur plus gros, plus brillant, plus enviable. On se compare aux autres et on veut ce qu’ils ont. On souhaite montrer notre bonheur au monde entier pour, en quelque sorte, se prouver ou avoir une reconnaissance. On en vient à vivre seulement dans le regard que les autres nous portent.

La solution n’est pas de bouder le bonheur ni de le tenir loin de nous. Mais il faut cesser de faire semblant d'être heureux si on ne l’est pas. L’honnêteté de nos émotions, c’est ce qui compte vraiment. On devient intègre envers soi et, nécessairement, envers les autres. On ne perd pas le contrôle, on lâche prise sur le bonheur. On vit ce qu’on a à vivre, et ce, d’une façon qui nous ressemble plus et non dans l'optique de le vivre dans le spectre du bonheur extrême. Parce que c'est ça la vie en fin de compte et c'est bien ainsi!

Source Canalvie.com

Identification



Faire un don

Enter Amount: