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Femme guineenne et africaine

L`excision vue par l`islam, la culture et la médecine moderne

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L’excision est une pratique ancestrale dont l’origine remonte à l’époque pharaonique. Selon l’Unicef, elle concerne 200 millions de femmes à travers le monde. En Afrique, entre 100 à 140 millions de femmes sont affectés par le phénomène, selon africana.mafr.net.Les conséquences de l’excision chez la femme sont désastreuses tant sur sa santé physique que psychologique. Or, malgré les campagnes de sensibilisation, la pratique demeure. L’excision suscite une grande controverse du point de vue de l’islam. Pourtant, en dehors des croyances ancestrales, l’islam est utilisé par certains traditionnalistes pour légitimer la pratique. Ainsi un regard croisé de l’islam, de la tradition et de la médecine moderne nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur le phénomène.  Les raisons qui poussent une communauté à pratiquer l’excision sont variées. Mais, d’un point de vue islamique, il existe une controverse par rapport à cette vieille pratique. Les écoles juridiques n’ont pas réussi à trouver un consensus sur la question. Certains jurisconsultes soutiennent que c’est une obligation  pour les femmes d’être excisées, d’autres pensent que c’est juste  une recommandation, tandis qu’un dernier groupe considère l’excision comme un  acte honorifique pour la femme.

 

Et si l’excision n’était pas islamique

Sachant que les principales sources de référence dans la législation islamique sont le Coran et la Sunnah, il n’a nullement été fait mention dans le Coran d’une sourate parlant de l’excision.  Toutefois, dans la sunnah, plusieurs hadiths font référence à l’excision. Parmi les différents hadiths rapportés, le plus explicite est le hadith d’Umm `Atiyyah ; selon lequel, le prophète (Psl) aurait dit à l’exciseuse: « Effleure et n’abuse pas, car cela rend le visage plus rayonnant et est plus agréable pour le mari», cite islamophile.org. Le hadith susmentionné ne fait pas de l’excision ni d’un acte obligatoire, ni une recommandation. « Il vise à organiser un sujet mondain, et à réaliser un intérêt humain précisé par le hadith…Il conseille donc – si l’on pratique l’excision – de ne pas abuser et de ne pas couper excessivement, pour réaliser le bénéfice escompté à savoir la jouissance de la femme pendant le coït et aussi le plaisir de son époux » ; précise islamophile.org.

Donc le l’islam a été claire sur la question en imposant une restriction sur le mode opératoire de l’excision. Pour ceux qui veulent le faire, la pratique n’est pas réprouvée dans la mesure où les prescriptions du prophète sont respectées. Or tel n’est pas toujours le cas dans la culture africaine. La pratique de l’excision en Afrique diffère d’une communauté à une autre. Dans certaines coutumes elle est pratiquée avant l’âge de la puberté et chez d’autres après la puberté. Le mode opératoire coutumier est la suivante : «l’ablation du clitoris seul, l’ablation du clitoris et des petites lèvres et enfin la plus sévère où l’on enlève le clitoris, les petites lèvres et les grandes lèvres et où il ne reste à la victime qu’un orifice », rapporte mafemenite.com. L’excision est perçue dans la culture africaine comme le moyen de préserver l’honneur de la famille. La croyance africaine est qu’une femme excisée ne ressent pas de désir sexuel. Donc l’excision est utilisée pour prévenir les relations adultérines des femmes en âge  de prendre mari. «Traditionnellement, l’excision fait partie d’un rituel de passage à l’âge adulte pour les filles d’une quinzaine d’années » rappelle africapostnews.com. Dans certaines communautés traditionnalistes, le refus d’être excisé peut entrainer la marginalisation ou l’exclusion sociale ; donc le déshonneur.

Comment l’excision détruit la femme

La mutilation génitale de la femme de l’avis de la médecine moderne et surtout de la gynécologie et de la sexologie est néfaste et privative du plaisir. « L’excision peut avoir des effets graves sur le plan sanitaire, psychologique, sexuel et social, ainsi des complications sont souvent constatées allant d’une simple infection locale à une hémorragie grave ou la transmission de maladies sexuellement transmissibles » ; renseigne em-consulte.com. Les conséquences de l’excision d’un point de vue médical sont nombreuses. Selon excisionparlonsen.org  les mutilations sexuelles peuvent provoquer de multiples infections vulvaires ou gynécologiques pouvant entrainer la stérilité mais aussi des douleurs lors des rapports sexuels. « Les femmes ayant subi une mutilation sexuelle féminine sont plus exposées à des complications telles que des saignements excessifs, des déchirures du périnée et ont souvent recours à des épisiotomies. Un travail prolongé ou un accouchement difficile peuvent être à l’origine de fistules obstétricales, qui deviennent alors des conséquences secondaires des complications liées aux mutilations sexuelles féminines», rapporte excisionparlonsen.org. Selon la même source, une étude de l’organisation mondiale de la santé sur 28.000 femmes a montré que les mutilations sexuelles ont des conséquences néfastes sur le nouveau-né.

L’excision cause souvent des traumatismes chez les femmes en raison de la douleur ressentie, mais aussi de la brutalité utilisée pour les immobiliser au moment du rituel ; ce qui fait souvent que les victimes, par anxiété, éprouvent de sérieuses difficultés à entretenir des rapports sexuels.



Source: senenews.com

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