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Société - Droit des femmes:« Le gouvernement guinéen doit concrétiser sa volonté politique», déclare la présidente de FAS Bineta Diop . PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Hamidou Sow /Guineenews   
Vendredi, 19 Mars 2010 23:38

Dans le cadre de sa mission (du 15 au 20 mars 2010) à Conakry axée sur les analyses et identifications des violences sexuelles commises le 28 septembre 2009 au stade qui porte le même nom, l’ONG Femme Africa Solidarité (FAS) a animé ce vendredi 19 mars 2010 un point de presse au palais du peuple pour faire part à l’opinion nationale et internationale ses constats et recommandations, a constaté Guineenews©. Selon la présidente de FAS Bineta Diop, la mission, après avoir rencontré les acteurs sociopolitiques à tous les niveaux, a constaté que des initiatives ont été prises notamment par les femmes guinéennes, la communauté internationale, les organisations non gouvernementales et d’autres acteurs pour prendre en charge les besoins urgents en terme de soutien médical et d’assistance alimentaire : « En plus de ces initiatives, la mission a fait d’autres constats qui concernent les victimes directs et a appelé le gouvernement et les autres acteurs à mettre en place les mécanismes de prévention dans le court et long terme. »

Les constats sont les suivants, selon elle : « Les violations graves commises sur des femmes utilisées comme instrument d’oppression politique ; Insuffisance du soutien et manque de coordination spécialement envers les victimes de viol, d’attaques ainsi qu’aux familles des personnes disparues ; L’absence d’un plan global de réparation à long terme pour les victimes et d’un programme de soutien pour l’accès à la justice ; Faiblesse des mécanismes institutionnels du Ministère de la Solidarité nationale, de la Protection féminine et de l’Enfance, des organisations de femmes et de jeunes ; Manque de mise en œuvre des politiques nationales de protection des femmes et absence de connaissance des Résolutions 1325 et 1820 et d’autres instruments juridiques pertinents aux droits de la femme ; Système de sécurité oppressif qui perpétue la violence sexuelle et les violences basées sur le genre… »

Eu égard à ce constat poursuit la présidente de FAS, la mission a estimé qu’il y a une opportunité réelle créée pour un changement positif et formule les recommandations suivantes : « Renforcer et étendre les programme de soutien pour la prise en charge psychosociale médicale, juridique et judiciaire… ; Les femmes et leurs regroupements doivent travailler ensemble pour résoudre leurs différents et créer un cadre unitaire; Développer un plan d’action national pour promouvoir la mise en œuvre des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations 1325, 1820, 1888, 1889 à travers un processus participatif et inclusif ; Multiplier les compagnes de sensibilisation et de plaidoyer sur le genre et la non violence; La volonté politique manifestée par le gouvernement guinéen, le secteur privé et la communauté internationale doit se concrétiser en programme et actions concrets sur le terrain… »

Par la voix de sa présidente, la mission s’est engagée à mener un plaidoyer pour la mise en œuvre de ces recommandations et soumettra immédiatement un rapport détaillé aux Nations Unies, au Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et à son groupe de travail sur la paix et la sécurité, au groupe consultatif des Nations Unies sur la résolution 1325, au groupe de contact international, à la CEDEAO, aux Chefs d’Etats de l’Union de la Mano River, aux Autorités guinéennes ainsi qu’à toutes les autorités compétentes.

« En tenant compte de tout ce qui précède, la mission lance un appel pour la création d’un fonds de solidarité comme mesure urgente d’intervention. A cet égard, le gouvernement et la communauté internationale doivent apporter une contribution en ressources humaines, techniques et financières pour la mise en œuvre des programmes et des projets qui assurent la promotion des droits de l’homme, de la démocratie, de la paix et sécurité, la bonne gouvernance, tout en établissement une coordination effective qui garantit l’utilisation judicieuse et efficace de ces ressources », conclut-elle.

A noter que FAS est une ONG internationale, fondée en juin 1996 à Genève par des femmes africaines leaders représentants diverses nationalités et professions. Elle a été créée à la suite de l’explosion de conflits meurtriers qui déchirent le tissu social de l’Afrique mais aussi pour faire avancer la mise en œuvre de la Plate-forme d’action de Beijing.

Hamidou Sow

Conakry, Guinée

224.64.26.12.87

 

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