| Interview: Mme Monique Curtis, journaliste et directeur de publication du bimensuel "La guinéene", |
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| Écrit par Nenette |
| Mardi, 13 Avril 2010 20:04 |
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Bonjour Nenette. Vous êtes une femme hyper occupée et très sollicitée. Avez-vous déjà bouclé la journée ? Une journaliste n'a jamais bouclé la journée. On marque une pose c'est tout. Nenehawa.com est honoré de vous recevoir car c´est la premiére fois nous interviewons une femme des medias… connaissez-vous nenehawa.com ? Et comment l’avez-vous découvert ? Oui je connais votre site. Un beau matin j'ai eu le privilège de recevoir dans ma boite e-mail un lien de nenehawa.com. J'avoue qu'après l'effet de l'étonnement j'étais très contente de l'initiative. Qui est Monique Curtis ? C'est dur de parler de soi mais je vais essayer quand même. Je suis Monique Curtis, jounaliste-reporter. Mais je préfère Reporter. Je suis passé par la linguistique avant d'opter pour le journalisme. Donc je suis journaliste de formation; J'ai fait mes premiers pas dans le groupe de presse le lynx-la lance. Mon premier salaire je l'ai touché à l'hebdomadaire d'information le Diplomate. En 2006 j'ai fais un petit tour à la radio précisément à Radio liberté, puis j'ai travaillé un peu en communication avec une société américaine Hyperdinamics où j'étais l'assistante du directeur de communication. Et après c'était encore la radio. Cette fois à Continental FM où j'étais rédactrice en chef. J'ai aussi été correspondante des sites internet Kababachir.com et aminata.com. De 2005 à 2008 j'étais correspondante du Quotidien Sénégalais ''le Quotidien''. Maintenant je suis installé à mon propre compte avec le bimensuel ''La Guinéenne'' ce qui ne m'empêche pas de faire des petites bricoles à coté (rire), je travaille aussi avec le site d'information www.guineedirect.com. Voila Le journalisme qui est votre métier vous procure t-il assez d’épanouissement ? Si oui dans quel sens ? De l'épanouissement en terme de nourriture de l'esprit oui! Je suis obligée de fouiller et de m'intéresser à ce qui se passe autour de moi. C'est ce que j'ai choisi de faire. Même si c'est avec beaucoup de difficulté j'ai la possibilité d'accéder à certaines personnes. Il y a aussi tout ce beau monde que je rencontre à longueur de journée. Ah ces journalistes... Et pour être précis. Quand avez-vous eu cette merveilleuse idée de créer le journal bimensuel « La guinéenne » ? Quelles ont été vos difficultés pour le démarrage ? J'ai lancé le premier numéro du bimensuel ''La Guinénne'' le 06 Aout 2009. C'était pour soulager mon coeur. C'était un défi. Les difficultés, on pourrait écrire tout un livre; Avec un personnel réduit au strict minimum, un lectorat presqu'analphabète et ce manque de confiance en ce que font les autres; toutes les contraintes financières et l'obligation de la qualité ma chère je préfère ne pas te raconter toutes les acrobaties que je traverse avant de voir le journal sur le marché. Et si on vous demande en quelques lignes de nous présenter votre ligne éditoriale ? Le bimensuel ''La Guinéenne'' est un journal qui a pour mission essentielle de promouoir les initiatives de femmes quelque soit leur classe. Nous intéressons aussi aux questions d'intéret national. A côté de votre bimensuel, vos avez initié le prix Hadiatou Sow ? Qu’est ce que c’est ? Et à quand les prochains lauréats ? Le prix Hadiatou Sow du journalisme est un concours ouvert aux femmes journalistes de Guinée que nous allons élargir à nos sœurs de la sous régions pour les prochaines éditions. Il porte le nom d'une célèbre femme journaliste de Guinée que je n'ai pas connu personnellement mais dont les mérites m'ont obligé à être juste. La première édition a eu lieu le 30 janvier dernier. Nous avons eu trois lauréates (radio, presse écrite et télévision). Nous nous préparons ardemment pour la prochaine édition, c'est à dire 2011. Mais le lancement se fera vers les derniers mois de l'année en cour. Nous comptons sur tout le monde pour que la prochaine édition soit la meilleure. Déjà grand merci à ceux qui nous ont assistés pendant la première édition, je veux parler précisément de l'ong Asnavie qui nous a été d'un grand apport. Avec ce projet, vous posez un acte assez fort. Quelle lecture faites-vous des initiatives féminines en Guinée en matière d’investissements et de revendications ? Les idées ne manquent pas mais les initiatives manquent d'accompagnement de la part des autorités politiques d'une part. Et d'autre part les initiatives féminines souffrent du manque de solidarité des femmes; Quand aux mouvements de revendication, ils sont toutes devenus des instruments politisés que le plus offrant utilise à ces fins. Et si on vous demande si la femme journaliste en Guinée a les mêmes chances que son collègue homme ? Et que dires des femmes exerçant d’autres professions ? La femme journaliste en Guinée n'a pas les mêmes chances que son confrère. D'abord les conditions sont créées dans les salles de rédaction pour que les femmes n'aillent pas loin. On vous fait exercer votre métier selon votre condition de femme. On attend par exemple le 08 mars pour vous dire d'aller interviewer la ministre des affaires sociales. En tous cas si vous relevez d'un organe de presse il vous sera difficile de couvrir les événements de grande envergure devant des hommes. Le patron préfèrera la femme. Les sujets comme la politique ou l'économie ne sont pas les votre. Et si vous avez le courage de braver tous ces obstacles on vous taxera d'effrontée. Et aussi dans les salles de rédaction il est fort probable parfois que votre papier ne puisse pas passer dans le journal ou à l'antenne ce qui vous soumet à une certaines pression. Et encore sur le terrain il y a un autre problème! Quand vous êtes là pour un travail il y a ces hommes qui ne ratent pas une seule occasion. La femme journaliste est souvent confondu à une séductrice et exposé à des risque. Mais je pense qu'avec plus de persévérance c'est des barrières que nous pouvons franchir. Mais le chemin est encore long. Nous sommes dans un pays ou le journaliste le plus payé n'a pas 200 usd ( Dollars americains) par moi. Il ne peut même pas nourrir sa famille à plus forte raison penser à payer un indicateur de terrain pour mieux se renseigner; Le problème est d'abord économique. Selon vous pourquoi les femmes n’ont pas accès à des postes de responsabilités chez nous malgré le fait que nous soyons les plus nombreuses ? Par manque de solidarité. Chacune d'elle se bat pour elle même. La lutte n'est pas collective. Il y a aussi que la chose politique en Guinée comme partout dans le monde est dominé par les hommes. Si nous nous arrêtons à des discours ils nous aiderons à faire les discours mais en attendant ils tiendront le bout du cordon. L'autre aspect est que certaines femmes revendiquent des choses dont elles ne sont pas à la hauteur. La bonne formation est indispensable. Quand vous voulez concurrencer quelqu'un il faut être suffisamment averti. De simples affirmations ne suffisent pas. Avec la démocratisation du pays, pensez vous qu’une femme aurait une chance de gagner la prochaine élection présidentielle ? Je le souhaite de tout cœur mais je suis consciente que ce sera difficile. De toute façon ce ne sera le monde en l'envers. Pour la première fois que la Guinée va vivre des élections sans partie majoritaire eh bien toutes les composante sociale de la nation doivent y prendre part. La femme qui se présentera aux prochaines élections si elle n'est pas abattu par ses sœurs elle est ira loin. Plus loin qu'on ne l'imagine. Quelles propositions faites-vous aux femmes qui désirent s’engager politiquement ou alors à celle qui hésitent encore à revendiquer leurs droits face aux sujets d’actualité comme la parité, le développement durable, etc.. ? Sur le plan politique je demande de s'engager par conviction et non par suivisme ou pour des intérêts quelconques. Nul n'est sans savoir que le monde de la politique aujourd'hui est plus qu'un labyrinthe. Aux autres je dis qu'il ne suffit pas de revendiquer mais il faut avoir des atouts avant. Nenehawa.com souhaite bonne chance à votre bimensuel « La guinéenne », C'est moi qui vous remercie. Bonne chance. |

Mme Nanaba Guirassy
Mme Kolou Diallo
Mme Asmaou Touré
Commentaires
et quant a toi nenette je suis fiere de toi car tu ne baisses les bras et ton site avance bravo ma petite.
Un homme qui vous tire Chapeau
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