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Femme guineenne et africaine

« Je prendrais soin de toi comme mon frère l’aurait voulu »

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Pendant qu’en occident les femmes veuves ont réussi a se forger un statut respectable grâce aux lois et règles en vigueur, en Afrique,  les veuves n’ont pas la vie facile. En plus d'avoir perdu leur mari, elles sont délaissées, voire persécutées par leur belle-famille. Bien que la loi les protège pour le partage de l’héritage, il est difficile de résister aux coutumes ancestrales souvent rétrogrades. Et cet état des faits ne favorise en aucun cas l’émancipation de la femme  qui se retrouve à la limite ‘’esclave’’ de sa belle famille ou tout simplement laissé pour compte.

Chez nous  en Guinée on estime que la femme veuve doit épouser le petit frère de son mari avec ou contre son gré. C’est le lévirat ! L’objectif premier de cette coutume est de ne pas laisser une veuve et ses enfants sans soutien masculin au sein du foyer. Une cause noble par excellence. Car  elle permet aux familles de ne pas sombrer dans « l’indigence », Ainsi, les familles modestes résistent mieux à la disparition du père. Surtout sur le plan financier, car la famille conserve l’héritage au travers du remariage, ce qui, selon certains, permet à la veuve d’éviter le piège de la prostitution. Pour ce qui est de la vie de famille, le nouveau mari doit prendre en charge la et les enfants de son frère  comme s’ils étaient les siens. Il doit donc se charger de l’alimentation, de l’éducation et de la santé pour gommer l’absence paternelle. Encore heureux ! Mais avec le temps, cette  pratique devient de plus en plus insoutenable car elle est pervertit  par des hommes uniquement soucieux de récupérer l’héritage de l’être perdu.

Ils acceptent cette tradition que pour prendre l’héritage de la veuve, au détriment de ses enfants  dont ils ne prennent même pas le temps de s’en occuper. Et pire nous savons tous, qu’il y’a des frères qui ne veulent que ce que leur frère possède. Ils passent leur vie à rêver de la femme de leur frère et à attendre secrètement la mort de ce dernier. Les plus impatients vont jusqu’à faire des pratiques mystiques  pour prendre l’âme de ce dernier parce qu’ils savent que la tradition est claire et joue en leur faveur.  Si ce n’est pas lamentable ça !                         Et celles qui échappent à cette pratique se retrouvent dépossédées de leur héritages et chassées hors du foyer avec pour seuls bagages leurs enfants. Triste réalité !

C’est  une violence psychologique et physique à l’égard de la femme qu’il faut condamner car les conséquences affectent la société entière. Au lieu de créer des journées internationales de la femme veuve  et se jeter dans  discours grandiloquents visant  à endormir,  des lois doivent être votées et APPLIQUES en vue de protéger les femmes veuves contre certaines pratiques regrettables de nos traditions et coutumes. Parce qu’on sait tous que Les lois coutumières ne s’accordent pas souvent  aux lois en vigueur.

Elise Koivogui pour nenehwa.com

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