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Femme guineenne et africaine

Mariage précoce : Une forme de violence à l’égard des femmes

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Aussi bizarre que cela puisse paraître, le principe, en droit guinéen, est que la fille mineure peut contracter un mariage civil. En effet, selon le législateur guinéen, l’homme de 18 ans et la femme de 17 ans peuvent contracter mariage (C.civ., art.280). Or, le même législateur énonce, par ailleurs, qu’on soit homme ou femme, avant d’avoir atteint 18 ans, on est un enfant (Code de l’enfant, art.1er). La situation était encore plus grave avant l’entrée en vigueur du Code de l’enfant, en 2008, puisque l’âge de la majorité était fixé à 21 ans (C.civ., art.443). Ce qui signifie que l’on pouvait contracter mariage alors même qu’on n’a pas la pleine capacité juridique. Une vraie incongruité.

Mais la violence dans les textes n’est rien, comparée à la violence dans les faits. Selon le ministère des affaires sociales, de la promotion féminine et de l’enfance :

Le taux de prévalence des mariages précoces en Guinée fait partie des taux les plus élevés en Africaine sub-saharienne. En moyenne 3/5 filles sont mariées avant leur 17ème année. Le taux de prévalence le plus élevé est dans la région de la Haute Guinée (76%), suivie de la Moyenne –Guinée et de la Guinée Forestière (75%), la Basse Guinée (61%) et la Zone spéciale Conakry (39%)(Rapport national sur l’élimination et la prévention des violences à l’égard des femmes/filles, février 2013).

Il n’y a pas nécessairement une relation de cause à effet entre les textes et les faits. L’adage selon lequel « nul n’est censé ignorer la loi » ne se vérifie pas vraiment en Guinée. On ne pourrait donc soutenir l’idée selon laquelle c’est parce que le législateur semble favoriser le mariage de la « gamine » que les mariages précoces sont répandus en Guinée. En fait, selon le ministère des affaires sociales, parmi les causes des violences faites aux femmes en général, il y a, entre autres : l’insuffisance d’éducation civique et morale de la population, l’analphabétisme et l’ignorance de la loi (Supra).

Ainsi, pour enrayer le phénomène des mariages précoces ou pour en abaisser la fréquence, il y a certes nécessité de réviser les textes de loi mais, plus important encore, nécessité d’appliquer les lois qui existent et qui protègent les enfants. Et puisque la répression seule ne suffit pas, il est de la responsabilité de l’Etat de former ses citoyens et de contribuer à leur éducation morale. C’est seulement à ce prix que la lutte contre ce phénomène pourra être couronnée de succès.

Sékou Oumar Camara Pour nenehawa.com

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